Les godets d’Hephaïstos

Du fond de sa grotte, Héphaïstos le dieu des forges, s’active ardemment autour de ses outils dans le glouglou des liquides bouillonnant dans ses fours.
Il est triste. Sa dulcinée Aphrodite, sa femme si belle mais si volage est partie rejoindre son amant, Ares, le dieu de la guerre à la plastique si parfaite.
Malgré qu’il travaille tout prêt des creusets, la chaleur des aciers en fusion peinent à assécher ses yeux humides. Dans un sens, se dit-il comme pour se consoler, son physique difforme et hors des normes ne prédisposait pas à l’attention de la belle.
Peut-être lui faut-il savoir pardonner ses écarts incessants ?

Tristesse de l’amour corrompu, la larme qui tombe s’évaporera au contact de l’acier rougeoyant.
Pendant de longues heures il s’activera autour de ses outils à la recherche du nouvel alliage qui épongera sa peine, seule réelle consolation de l’alchimiste.

Le soir venu, lorsque la couleur du ciel prend la couleur des aciers sortant du four, une ombre joyeuse et dandinante se présente à l’entrée de la grotte de l’alchimiste.
Au premier coup d’œil, le maître des forges reconnait l’ombre de son demi-frère Dionysos, le dieu des vins toujours enclin à quelques fêtes de toutes les démesures.

Le nouvel arrivant déposa la citerne géante qu’il tenait sous le bras au centre de la grotte, et sans un son, il fit un clin d’œil amical dans la direction du forgeron lui indiquant de s’approcher. Le patron des vignerons déboucha la cuve titanesque.

L’air alcoolisé, vicié et translucide qui s’échappe du récipient viens s’embraser de milles flammèches bleues au contact de l’air chaud accumulé sous le plafond de l’antre du métallurgiste.
Héphaïstos, heureux de disposer d’un peu de présence, apporta ses gobelets imitant le calme silence de son compagnon. La chaleur d’une bonne compagnie n’ayant dans le fond pas besoin de mots.

Dans la pénombre du soir, les visages éclairés par les lueurs des feux contenus dans les brûloirs, ils se racontent quelques histoires, quelques rêves, et comment ils pourraient changer demain le monde des humains.

Nuit d’ivresse, de rêves et d’oubli, au cours du voyage de Séléné dans le ciel noir et étoilé ils jettent leurs récipients vides dans un hasard qui n’appartient qu’aux dieux… Dans une recherche du nombre d’or.

Alexis.
 

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