La tragédie du chevalier

Né de bonne famille, et de bonne éducation, il n’avait d’yeux que pour les arts de la chasse et de la chevalerie. Excellant par dessus tout dans les disciplines des épées, cela lui avait valu sa fulgurante ascension dans l’armée de l’empereur Charles Louis.

En ce jour de ses 30 ans, Pierre partit pour une chasse matinale dans la forêt voisine.
Tandis qu’il embrassait d’un sourire l’air frais glissant sur son visage, quelques rayons de lumières filtrant des branchages venaient caresser sa chevelure tombant sur ses épaules.
Dans ces moments, elle se transformait en or.

Au détour d’un chemin il détecta un parfum aux essences complexes qui lui rappela la douceur de sa défunte mère. L’esprit emplis de doux souvenir, il s’arrêta.

Soudain, il tendis l’oreille vers quelques petits craquements de bois qui se mêlaient à la musique du vent passant dans les arbres. Il se tint alors sur ses gardes scrutant panoramiquement la forêt.

Accroupie derrière un arbuste elle le reconnu aussitôt. Ses deux yeux s’écartèrent et s’éclairèrent du bleu pétillant qui faisait chavirer ces prétendants.
Cela faisant depuis tout enfant qu’elle admirait Pierre, elle le trouvait délicat, courtois et désintéressé des choses un peu basses dont les hommes parlent-tout-le-temps, bien souvent accompagné d’un rire gras.
Elle soupira en repoussant une mèche rebelle qui se balançait sur son front : Elle pensait à son père qui la poussait au mariage depuis qu’elle avait eu ses 16 ans ainsi qu’aux dizaines de prétendants qui ont pu lui être présentés.
Mais elle n’avait que faire de tout ce cirque, elle savait depuis longtemps ce qui faisait chavirer son cœur et espérait un jour être remarquée.

Pourtant ils avaient été présentés et plusieurs fois rencontrés lors des foires, mais la courtoisie de Pierre ne laissait jamais rien transparaître.
Ce qu’elle ne savait pas, c’est que Pierre, lors de ces furtives rencontres, ressentais pour elle des sentiments qu’il n’arrivait pas à comprendre.
« Mais quand va-t-elle pouvoir enfin le rencontrer sérieusement ! », se dit-elle.
Un geste accompagna sa pensée, elle tapa du pied provocant ainsi un bris de bois.

Par le son sourd du craquement émis un petit faon s’échappa du buisson voisin s’enfuyant vers la position Pierre. L’œil alerte, Pierre aperçu le faon et galopa à sa poursuite, malheureusement, dans la direction opposée d’où se trouvait la jeune fille.
Quelques kilomètres plus tard il put dégainer son mousquet et abattre sa proie, Pierre rentra au château pour présenter fièrement à son vieux père le trophée matinal.

Le lendemain il fut convoqué par l’empereur à la guerre, guerre qui lui prit 15 années.

Au retour, honoré de ses faits d’armes sur le champ de bataille par une retraite bien méritée, il prit possession des biens que son défunt père lui avait légués.

Les jours passent …

Le jour, il se remémore au milieu de sa collection de souvenirs les grandes aventures du chevalier qu’il a essayé d’incarner.
La nuit, il rêve d’une lointaine matinée de chasse dans la forêt.

Il lui manque quelque chose, mais Pierre ne sais quoi.

Il vieilli… Au même rythme que ses souvenirs.

Son château dépéri, il mourut.
Dernier de sa lignée, seulement quelques lignes dans un manuscrit d’histoire se rappellent de lui.

Voici son royaume …

Alexis.

Une autre vision de ce château (et sa découverte) chez l'ami Urbexground et le château sécession

 

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