La Plage

1970, c’est l’été et les grandes vacances…

Jean assis à l’arrière de la voiture regarde défiler les arcades de la rue de Rivoli.
En ce mois de Juillet, Paris est désert, dans quelques minutes ils s’arrêteront à la Madeleine récupérer le reste de la bande, Pierre, Alain et Gilles.
Jean n’est pas peu fier de la voiture de tonton, il a hâte de voir la tête des copains devant la Renault 12 rouge flambant neuve qui va les emmener à la plage.

Hier soir, quand Maman finis par raccrocher le téléphone en annonçant son Frère voulais emmener le petit à la plage sur la Seine demain.
Papa avait répondu à Maman en ronchonnant que « Roger, ton frère » était resté à l’âge de l’adolescence, qu’il ne manquait jamais une occasion de faire le guignol et que ce n’était pas un exemple pour le petit.
Quand à Jean, il s’était mis à courir de joie autour de la table du salon et renversa le café de papa.
S’en suivit une dispute.
Maman est partie pleurer dans la cuisine en disant que Papa n’aimait pas sa famille.
Dans un soupir, Papa finis par dire à Jean qu’il pouvait partir avec tonton mais sans oublier les éternelles recommandations d’usages.
Jean ne comprend pas trop ces histoires de grands, il trouve que tonton est super chouette, qu’il a toujours de bonnes idées même si maman râle toujours un peu quand il rentre crasseux le soir.
Et puis, il n’y a même pas de café sur le tapis.

Le voyage jusqu’à la plage c’est déroulé très vite dans le bolide de tonton, au plus grand soulagement d’Alain qui dès la sortie de Paris avait envie de vomir.
Jean se dit qu’Alain ne sait pas profiter et qu’il faut toujours qu’il fasse la chochotte.

puisqu’il faut prendre le bateau pour aller sur l’autre rive où se trouve la plage
Les garçons s’agitent un peu sur le quai en attendant que tonton paye les 5 francs de la traversée.
Le matelot chargé de la barque, les menace en tournoyant sa pagaie au-dessus de la tête, tonton arrive en courant pour calmer la bousculade lançant au gars qu’il ne sert à rien d’être furibard, que ce ne sont que des gosses un peu pressés.
Tout le monde c’est assagis lors de la montée.
La traversée c’est déroulées sans événements notable sauf qu’Alain avait le mal de mer et a vomi sur les souliers de tonton.
Tonton était devenu tout rouge et finis par se calmer devant les moqueries du matelot, en disant que ce n’est pas grave.
Jean se dit qu’Alain était vraiment une chochotte et qu’il fallait toujours qu’il se fasse remarquer.

Arrivé sur la plage tonton dit aux enfants :
« Bon les moutards, allez à la piscine et moi je vais aller chercher de quoi boire un coup. »
Il se retourna pour ajouter :
« Et… essayez d’éviter les pépins! ».
Il partit en sautillant.
Jean savait très bien que tonton faisait de l’œil à la serveuse du bar et que la bande serait tranquille un moment.
« Sacré tonton, il est vraiment chouette » se dit-il.

Sur la plage c’était l’effervescence.
Les enfants faisaient des bombes dans la piscine tandis que les plus grands écoutaient Hendrix dans un transistor. Papa disait d’ailleurs qu’il fallait s’en méfier, que des hommes avec des cheveux longs ce n’était normal, Maman lui rétorquait toujours qu’il fallait que « jeunesse se passe ».

Il y avait aussi des adultes et les habitués de la plage.
Mr Hulot, un grand monsieur tout sec et silencieux, qui fumait sa pipe tranquillement sous son parasol rouge et blanc, Mme Pichard, une gentille dame qui tricotait sur son transat en regardant les enfants faire du toboggan et Mr Arpel, un gros monsieur toujours en train de râler qui cherchait, comme il le disait, à parfaire son bronzage pour épater les collègues du bureau.

C’est que Gilles, est très fort pour les bombes et qu’une fois lancé dans les airs on ne peut plus l’arrêter.
Jean dit toujours que Gilles est fort en bombes parce qu’il mange beaucoup de tartines à la confiture de fraise et non pas des épinards comme voudrait lui faire croire Maman.

« Splash ! » et une gigantesque gerbe d’eau vient recouvrir Mr Arpel.
« Oulala » se dit Jean, Gilles et Pierre s’étaient élancés dans la piscine mais un peu trop proche du bord. Il est vrai que le plongeon des deux compères était « mortel », mais là, les ennuis arrivent.
Mr Arpel, dont les cheveux étaient tout ébouriffés et mouillés, devenus tout rouge et se mis à hurler sur la bande.
Jean s’interrogea sur la facilité dont les adultes ont pour devenir tout rouge si facilement.

Un des jeunes aux cheveux long lança à Mr Arpel :
« hé l’ancien on se calme, ce n’est pas bon pour ton cœur, déjà que tu as pris un coup de chaud ».
A ces mots Mr Arpel bondis de sa paillasse en hurlant des phrases incompréhensibles.

La bande de copain en profitèrent pour s’esquiver en douce et rejoindre Tonton qui a leur vue s’écria joyeusement:
« Hey les marmots… C’est quoi ce bazar à la piscine? C’est encore vous ? ».
« Bon, venez prendre une glace, de toute façon on ne va tarder ».
« C’est qu’il est vraiment chouette Tonton », se dit Jean.

Une bonne demi-heure plus tard il était 5h et le moment de rentrer à Paris.
Sur le ronronnement du moteur de la voiture de Tonton les quatre jeunes s’endormirent.
Sauf Alain qui était encore malade …

Mars 2015, un dimanche au début du printemps …

Jean se promène depuis une petite heure le long des rives de la Seine tout en suivant les pérégrinations son jeune Jack Russell, Step.
Par intermittence, Il jette son regard de l’autre côté de la rive vers l’ancienne plage.
A chaque coup d’œil un souvenir.
Les souvenirs disparates de son enfance ensoleillée lui donnent le sourire.
Des moments simples, des moments d’enfances.
Il est vrai que ce jour-là avec les copains ils avaient bien rigolé devant la tête de Mr Arpel.

Alexis

Ambiance inspirée du petit Nicolas et de Mon oncle
Plage Art-déco sur le même modèle qu’une de mes toutes premières séries

   Série d’images « La plage »:

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