Ma Princesse

Les kilomètres défilent, sous mes yeux la route s’allonge, elle emporte dans un univers cotonneux le fil s’étirant de mes pensées.
Idées multiples…
Une nouvelle arrive quand une autre part, elles se mélangent mais ne se bousculent pas.
Elles s’ordonnent simplement et naturellement dans le calme et la sérénité.

C’est l’ivresse de la route, celle de celui qui parcours son voyage seul.

L’autoradio parle tout bas et s’éloigne pour ne laisser qu’un chuintement lointain.
Le bruit du moteur rutilant se transforme en un ronronnement de plus en plus doux, tel un chat s’endormant sur les genoux de son maître.
La carcasse qui me porte se fait transparente, puis fond, pour finalement disparaître.
Le paysage maintenant à 360 s’étire vers l’infini.

Mes yeux se posent sur chaque élément du paysage, éléments aussi vite arrivé puis disparu.
Je m’enfonce dans le siège suspendu au dessus de la route, je lâche le bras pour laisser aller le bout de mes doigts glisser sur l’asphalte.
Le revêtement de la route est doux et soyeux comme un draps frais fraîchement étendu devant la brise chaude de l’été.

Le voyage et son incitation au rêve, mais pourtant en pleine lucidité : un moment de paix dans la poursuite des objectifs.
Une façon d’apprécier le moment puisqu’il se dit que « le bonheur n’est pas une destination mais une trajectoire ».
Cependant le but de mon voyage en sera un nouveau.

Ce « voyage » va m’amener vers ce château, un château oublié que j’ai étudié quelques temps à travers ses archives.
Alors que nous n’avons pas encore fait connaissance, il me transporte déjà dans son histoire. Je laisse voguer mon imaginaire vers sa vie passée, dans quelques heures j’évoluerais avec mon appareil dans ses ruines.

Une borne kilométrique. De nouvelles pensées viennent se lier aux autres.

Les châteaux, leurs châtelains et leurs princesses… Chaque château dispose de sa princesse.
Je ne suis peut être pas un vieux château mais moi aussi j’ai ma princesse.

Ma princesse est fragile et pleine de caractère à la fois.
Sa démarche des grandes dames, ses cheveux ondulant dans le vent aide les sourires et les regards bienfaisant à se tourner vers elle.
Elle à ce regard qui transperce celui qui l’écoute, attendrissant et touchant les cœurs les plus enfouis.
Elle aime les petits objets, elle en dispose d’une collection qui s’éparpille un peu partout dans ses appartement. Il me plait de la regarder les manipuler du bout de ses doigts en silence. Son regard est emplis d’histoires sorties tout droit de son imaginaire.
Elle est discrète mais c’est une vraie chipie, elle connait son pouvoir et ne se laisse pas faire par le premier chevalier venu.

Je l’admire…
J’aime son calme et sa fougue, sa discrétion et sa détermination.
Je ne la vois pas assez souvent mais elle fait partie de tout mes songes où je perçois son image comme sur une vielle photo argentique.
Aujourd’hui je suis loin, je lui parle donc dans mon cœur, au long de cette route.

Je ne l’ai pas encore vu et je le trouve déjà beau ce château.
Quelques heures après la sortie je n’aurais pas été déçu mais mon texte était quelque part déjà écris, ou simplement… rêvé.

Ce château digne des plus jolies princesses, je le dédie à la mienne, ma princesse, ma fille.

Alexis.

1 Commentaire

  1. Catherine 17 février 2015 à 18 h 57 min

    une jolie princesse (la mienne aussi)
    et je ne peux maintenant que l’imaginer
    bisous

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