Gueule d’acier

De sa gueule surgissent des éclats de lave rougeoyante, la chaleur s’est élevée subitement dans cette grande pièce ouverte sur l’extérieur.
Des hommes revêtus de couleurs argentées se pressent autour de lui pour l’aider à ne pas suffoquer.
Le haut fourneau, ce monstre d’acier libère enfin sa coulée.

Lentement, la fonte en fusion coule dans les rigoles en direction du train chargé de l’envoyer vers l’usine.
Les petits hommes s’affairent autour du creuset et des boutons de la salle de contrôle, le monstre sait qu’il peut compter sur eux pour mener à bien leur mission commune.
La pression baisse dans les veines du monstre, les sifflement des gaz tendent à se taire, un sentiment de paix étreint maintenant la salle.

Un homme enlève son casque pour s’éponger le front, Alain observe d’un œil triste les fragments de fonte encore en fusion jonchant le creuset.
Il y a un mois sur un autre continent, un petit homme dans le confort douillet de son bureau décidait qu’Alain et ses collègues allaient arrêter de travailler, qu’ils allaient arrêter le monstre à la gueule d’acier.
Depuis le promontoire Alain regarde le dernier train chargé de fonte partir. Une boule se déplace de son ventre vers sa gorge, sa vue se brouille, les larmes coulent sur la peau rugueuse de ses joues.
Ce soir il rentrera a la maison sans sa fierté, il aura du mal a regarder son fils dans les yeux.
Alain était un ouvrier honnête et peu riche, mais si fier de ce qu’il accomplissait. Il fait partie de ces hommes pour qui l’honneur est partie prenante de leur virilité.

Le monstre de l’acier sommeille aujourd’hui dans la solitude avec pour seul compagnon le bourdonnement du vent circulant dans ses entrailles.
Il ressasse le souvenirs des jours heureux, ces jours où quelque soit le temps à l’extérieur il faisait bon vivre à ses côtés.

Des mois ont passé, Alain s’étant abandonné au désespoir est maintenant mort.
Sa famille le pleure, la haine du petit homme dans leur cœur.

Loin de moi l’idée d’être communiste, cependant Marx avait prévu ce qu’il nous arrive: cet état incontrôlable du libéralisme.
Nous avons laissé aux privés la création de l’argent, ils nous ont entraînés dans cette société, cette jungle où l’Homme n’est plus le centre des préoccupations.

Alexis.

1 Comment

  1. cheron julien 15 février 2015 at 11 h 12 min

    salut Alex,j ai bien connu Alain, du moins, son pote,il avait

    des moustaches et…une mobylette bleue,? orange? ou,

    etait ce la vieille grise.. A l’epoque,c’etait les peres des

    copains qu’il ne fallait pas croiser ,sur le chemin de

    l’ecole buissonniere,..Doucement,au village,les cheveux

    poussèrent chez les plus grands que nous,…Ceux ci ne

    voulurent plus de l’usine….Ma sœur et ses copinnes etaient

    amoureuses de John Lennon…..moi ,j’etais apprentit de

    plein de petits métiers merveilleux j’avais,une amoureuse

    sa mobylette blanche et mes forets mes maisons

    abandonnées quelques chateaux ..,C’EST A CETTE

    epoque que , » »LE MERLE DU DIMANCHE SOIR » mon….

    histoire commence, le merle,qui n’etait pas encore mon

    copain me criait….sorts de la sorts de la demain,c’est lundi.!

    LUNDI…!merde,qu’est ce que je vais faire ????

Leave a comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

D'autres articles ...
  Fil d'images - Images quotidiennes