Cimetière

Cimetière : Du latin coemeterium, devenu cimiterium (Bas-Empire), issu du grec ancien κοιμητήριον, koimêtêrion : « lieu pour dormir, dortoir »
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es bourrasques de vent coupent par intermittence le silence pesant sur la vallée.

Elles bercent les grands arbres qui, à chaque écueils, émettent ce petit grincement strident du bois sous la contrainte.
Sur le versant entouré par la végétation se cache un grand rectangle de pierre dont on aperçois seulement le contour blanc des murs en pierre.
Vers l’est, dépasse à travers les arbres la tour d’un bâtiment, c’est le lieu de souffrance et de folie qui veille sur la vallée: l’asile.

Au milieu du rectangle, sous la terre jonchée par les croix, reposent les corps de ces humains oubliés qui ont été gagnés par la folie.
Bientôt les bulldozers aplaniront le terrain en se fichant pas mal de se qui se cache en dessous, emmenant les croix et les pierres dans un tout venant général.
Sur la future route qui percera la colline il y aura peut être un peu plus d’accidents à cet endroit précis ?
Les lieux et leur devenir inspireront au scénario d’un film d’épouvante.

Mais, ce jour, le soleil brille et les bourrasques ne sont que de petits mouvements de brise.
L’air est doux et les ombres sont fraîches, l’endroit sauvage bordé par les épineux est devenu pittoresque.
Les rayons du soleil se réverbèrent sur les gouttelettes de la rosée du matin, projetant vers l’œil des centaines de petits arc-en-ciel.
C’est la magie du découpage de la lumière, pas de noir, juste des éclairs lumineux de couleurs.
Le passant bercé par l’harmonie de la nature peut ainsi se laisser aller à la réflexion, d’oublier la peur de la mort et de pouvoir la contempler.

De tous temps, quelque soient les croyances, l’Homme à fait honneur à ses proches disparus sous le signe de la croix, les préservant de la vie en les disposant au plus proche de la terre.
Déchus ou salutaire, les défunts sont devenus des anges qui se fichent sûrement pas mal de ce que leur chair a pu devenir.
Finalement, la stèle n’est faite que pour les pleurs des vivants marquant le rappel des souvenirs d’une vie passée.

Est ce pour cela que le cimetière est ce ‘lieu pour dormir » ?  Parce que la vie est une course si effrénée que l’on finit celle ci fatigué ?
Cet endroit où l’on va « reposer en paix » au moment final n’existe-il pas uniquement pour rassurer les vivants  ?
Qu’ils « subsisteront » après, pour toujours ?
Peut être qu’au lieu de sillonner cette vie bornée par les indicateurs de la société vers de quelconques buts indéfinis, le dernier souffle serait plus heureux si l’on a profité et assumés chaque instants du moment debout.

Les morts sont partis et nous laissent leurs souvenirs et leurs expériences.
Cependant les vivants sont toujours là et il n’est jamais trop tard pour les retrouver.

Un objectif est une fin, une trajectoire tant de choses à vivre et à découvrir.
Capter son bien de tout les jours avec son cœur serait peut être le meilleur des objectifs.
Et pourquoi pas, de faire ainsi honneur à nos disparus.

Alexis

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