Château Lumière

Aux lueurs du matin, le doux levé sur le chant des oiseaux.
Une vue plongeante sur la vallée, un léger filet de brume se suspend au-dessus d’elle.
Admirant patiemment le paysage devant moi, mes pensées se réveillent sur le son pétillant du réchaud faisant bouillir l’eau.
La fraîcheur de la montagne glisse sur mon visage.
D’une main plongeant dans le paquet de dosette de sucre, le hasard des écritures m’explique qu’il faut « lâchez prise » pour « un paquet de bonne humeur ».
Le sourire ne peut que s’immiscer sur le visage, une jolie journée démarre.
Celle de la colère est passée, l’homme peut se pardonner de sa faiblesse.

Sur la route le voyageur solitaire n’est jamais seul. Ses pensées l’accompagnent ainsi que les personnes qui en font partie.
Elles le suivent et lui réchauffent le cœur.
En cette ère de technologie il reçoit quelques jolis mots sur son mobile ou quelques « like » de ceux qui le suivent au loin.
De ces clins d’œil il y répond par quelques images de ce qu’il observe.

Mais sur la route il y a aussi les rencontres…
La richesse de ces gens que l’on croise le temps d’une cigarette debout devant le paysage ou au long de quelques cafés dans le bistrot du coin.
Ces « amis à usage unique »* qui montrent à l’inconnu des lieux la chaleur et l’accueil de l’Homme.
Pas de faux semblant, juste des morceaux de vie heureux que l’on a captés sur l’instant.

Nous sommes tous des voyageurs solitaires sur le chemin de nos vies.
A la poursuite de notre quête, à s’interroger à chaque croisement de la meilleure voie à prendre pour atteindre un point de chute immédiat ou lointain.
Mais désolé du rappel, nous connaissons déjà la fin du voyage …
Décrochons du regard ce GPS social qui nous fait passer à côté des jolies choses disposées sur bord de la route et de ceux que nous croisons.
Ecoutons ce que nous dis la lumière qui filtre du cœur, guidons nous par celle-ci même si le chemin semble sinueux à l’œil et arrêtons-nous quand elle le dit.
C’est elle qui nous donnera du bien, à chacun, dans son propre voyage.

A chaque voyage, ses étapes. Autant faire qu’elles soient lumineuses.
La  dernière étape de mon petit voyage, un endroit oublié emplis d’une lumière pénétrant l’âme du visiteur…

Château lumière ou le manoir au puits de lumière

Dans un petit village au cœur d’une vallée boisée d’épineux, trône une magistrale battisse.
Disposée au milieu de son parc à flanc de colline, le château lumière dispose de 4 niveaux.
Une grande devanture blanche et tous les volets sont fermés.
On sent qu’elle est inhabitée mais peut-être que  les riches résidents ne se sont qu’absentés pour une destination lointaine temporairement  ?
Non. C’est la résidence d’un ancien industriel aujourd’hui disparu et son manoir sommeille depuis.

Le manoir est construit autour d’un puits de lumière.
Sous le puits, un tapis d’un rouge flamboyant accueille le visiteur.
Je lève les yeux vers le ciel, la verrière filtre la lumière pour nous plonger dans une ambiance tamisée. L’ambiance me prend.
Au rez de chaussé, je déambule dans les grandes salles à colonnes située de part et d’autre du puits.
L’œil est attiré par le marbre et les dorures, l’oreille est bercée par le battement des pas sur le parquet.
Les pièces sont vides, on respire les volumes et on observe l’ancien.
Je me sens privilégié de me promener ici, seul sur ce lieu vierge, à écouter ce qu’il raconte, ses bruits et regarder ses clartés.

L’escalier me mène à chaque étage sur un pallier où je retrouve le puits. La lumière m’accompagne dans mon ascension.
Parfois bleutée, parfois ambrée, l’ambiance unique de chaque arrêt m’inspire à l’élévation de ce que je ressens : Couleurs et voluptés.
L’endroit est pourvu d’ombres et d’un côté sombre, cependant la verrière continuera à délivrer immuablement les rayons du soleil en son cœur.

Le manoir au puits de lumière fait écho…
Chacun dispose de sa verrière pour éclairer son cœur et son chemin.
Franchissant l’ombre pour accéder à la lumière, il suffis de la laisser faire.

Quittant doucement les lieux, je profiterais de quelques minutes amicales avec la suissesse ma’sk et le groupe urbex l’accompagnant.
Une nouvelle rencontre chaleureuse sur la route…

Un demi temps.

Sur le chemin du retour j’observe le soleil se coucher et la lune se lever, un de ces demi temps appelant au rêve et à la douceur.
Les nuances rougeoyantes de couleurs que m’offre le ciel se reposant clôturera ce WE Urbex.
Il m’aura appris que je suis sur un croisement des chemins depuis quelques temps, mais je vais ranger le GPS et de tous les jours je continuerais à « apprendre les codes de ma route »*.

Merci à mes enfants et à tous ceux qui me suivent d’avoir accompagné mon esprit ce WE. Pardonnez mon absence et merci pour votre regard.

A chaque voyage je vous emmène avec moi.
Sur chaque lieu que je suis vous êtes avec moi.

Alexis

* Fight Club
* Grand Corps Malade : Du côté chance
21/05/2014 : La revisite du château lumière 

5 Comments

  1. Horacio Riveros 19 septembre 2014 at 14 h 33 min

    la poésie avec les photographies sont un beau mélange de l’art …. je regarde votre blog souvent, j’aime ce qu’il fait.
    Je fais des photos depuis de nombreuses années, j’ai découvert urbex il ya quelques années. Je vis actuellement en Espagne et j’ai eu la chance d’explorer le Portugal.
    Maintenant, j’ai l’occasion de faire un voyage en France et en Belgique ciblé certains endroits.
    pardonnez mon audace, mais je voudrais me faire une idée de l’emplacement de la lumiere du château, parce que je trouve fascinant ce lieu et il serait vraiment étonnant photo.
    J’ai attaché mon flickr où je télécharge mes photos urbex.
    Merci.
    si je ne réponds pas, je comprendrai …
    Salutations et bonne journée

    https://www.flickr.com/photos/hr-tatofotoartex/

  2. Cheron julien 2 novembre 2014 at 0 h 40 min

    ….Ecoute..j’adore depuis plusieurs années, j’ecris un .truc dans cette ambiance un bout de mon enfance ,avec ces personnages semi-présents, mon chateau a ete racheter mais est intact en moi et habité par les memes personnages que le tien Ceux que j’y ai croisé parfois et qui m’y laissaient en paix etaient des titants riches, pauvres lui c’etait mon pere il y avaiit aussi un prince, un bossu ,des grands noms que je ne connaissais pas pas plus que je ne comprenais ce qu’ils se disaient …. et des femmes qui riaient .je pense vraiment que lorsqu’ils n’etaient pas chez MOI ,ils etaient chez TOI j espere a bientôt JULIEN j’habite aujourd’hui bien loin en nouvelle caledonie

  3. cheron julien 27 janvier 2015 at 10 h 16 min

    bonjour Alexis quelques mois ont passé,oui,mais ce n’est rien le soleil hivernal passe autrement par la lucarne et illumine le petit coin sombre qui est en cette saison a l’honneur .la mousse est au repos,elle reprendra ,avec le lierre,a la saison prochaine Le soleil aura tourné et illuminera cette fois ci , les langoureuses toiles d’araigneeset les parquets poussierreux Des volutes tiedes ramperont au long de l’escalier magestueux et encore glacial , griot dort la haut dans la plus petite chambrette.. Bientôt,je crois,on pourrait le voir descendre avec son pantalon arlequin son pull de laine rouge s’engouffrer grelottant dans l’immense cuisine …vide la ,dans un petit tiroir de bois,une petite boite de nescafe ..il y en a toujours eu une au chateau …… meme le jour ou il l’ a decouvert une fois, il a trouve les restes d’un gateau

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