Chateau des singes

Visiter des lieux abandonnés… je préfère la notion de lieux oubliés.
Des endroits livrés à eux-mêmes, délaissés, affrontant le temps au gré des intempéries et des dégradations.
On me demande pourquoi, on me dit que c’est « glauque », d’autres sont fascinés ou avec de multiples interrogations sur l’objet de ma visite.

Il existe un nom pour cette activité : l’urbex. Provenant de « urban » et « exploration » (Exploration urbaine).
Une communauté existe autour de l’urbex, le secret est de mise, chacun la pratique à sa façon et en dispose une vue d’esprit différente.

Moi?
J’ai toujours un peu bourlingué à la découverte de nouveaux lieux, à opérer des recherches, les analyser et aller à leur rencontre. Cela depuis ma plus jeune enfance pour différents objectifs (poke mon pote Arnaud si tu me lis) .

Etre seul sur un lieu, ressentir son atmosphère, imaginer son passé et observer son présent.
Laisser l’émotion de l’endroit nous imprégner, de s’interroger et de ressentir un tout.
Se mettre face à soit même, seul, à écouter ce que nous dis le cœur et l’imaginaire sur le son de ses propres pas.

Et puis on sort l’appareil photo…

Urbex – eur dans les faits peut-être, mais avant tout, un touriste curieux et à l’écoute des lieux perdus ou disparus.

Je citerais Dark Taz, qui a très bien écris :

J’ai toujours aimé respirer le moment, vivre ces lieux oubliés…
Prendre le temps d’un instant, et méditer sur toutes ces vies passées…
On a plus le temps de rien aujourd’hui, le monde nous assomme de futilités indispensables.
Et si c’était cela, perdre sa vie : se poser les questions vitales juste un peu trop tard ?

Nous sommes les explorateurs des temps modernes, notre activité est la soupape de notre vie moderne.
Prenons un moment pour la regarder autrement, voici le bref récit d’une journée de lumière…

Le chateau des singes.

Le soleil brillant sur la campagne seuls deux petits nuages glouton tout blancs se suspendent dans le ciel bleu. Une vue à des kilomètres.
Les arbres aux couleurs d’hivers et les champs composés d’un gazon de jeunes pousses vertes : Le printemps s’annonce, il fait doux.

Je m’avance face au soleil dans l’allée du chateau des singes, une bâtisse qui me semble plus proche du manoir.
Les dépendances m’ont apprises par quelques courriers d’huissier parsemés, les difficultés financière d’une entreprise.
Je n’aurais pas d’histoire à raconter, juste une visite.

Trois salles au rez de chaussée illuminées par les rayons du soleil traversant de hautes vitres.
Peintures, tentures, miroirs et cheminées, je me dis que le château aurait pu être quitté il y a pas si longtemps. Un indice du contraire, celui ci a une partie écroulée.

Au milieu du chateau des singes un grand escalier, sujet de nombreuses photographies urbex.
De pierre immaculée il me mène vers le haut, sa rambarde entortillée en fer forgée accompagnant mes enjambées.
En haut, une vue au plus loin sur la campagne éclairée, l’ombre du château couvrant les premiers abords.

Redescendu je m’installe dans un fauteuil devant un rayon du soleil.
Ecoutant le printemps naissant j’hume la douceur de l’air pur.
Le calme et le soulagement s’insinuent, l’oisiveté gagne mes pensées.
Les idées filent et mon cœur touche l’instant. Un de ces moments reposant où les choses sont sereines et posées sans cette éternelle course à l’après ou au lendemain.

Je quitte les lieux heureux d’avoir arrêté le temps de ma vie un instant …

Alexis.

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