Tchernobyl #1 – La demie vie de CS-137

CS-137 est un petit radionucléide produit de la fission de l’uranium, à contrario de son papa Césium (ou 55 selon Mr Mendeleiev), on ne le trouve pas dans l’espace naturel. Quand on l’aperçoit on le mesure et l’étudie, c’est le baromètre des études sur la contamination radioactive.
L’an prochain, à Tchernobyl, CS-137 aura 30 ans et atteindra sa demie-vie, son « âge de raison » où sa radioactivité commencera à baisser.
Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, il fut libéré dans la nature avec ses collègues isotopes par l’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl.
Une explosion aux conséquences centenaires, qui, si elle avait été nucléaire, aurait rayé une partie de l’Europe. Pour des conséquences alors millénaires…

A partir de ce soir-là, chaque jour, pendant des mois, des hommes ont sacrifié leur vie pour leur famille, leur nation et finalement une bonne partie du monde. Ils ont essayés de faire face à un événement que personne n’avait alors imaginé.
Les autres ont fui, évacués les mains vides, laissant leur vie derrière eux.

Marcher dans la zone.

carte_zone_tchernobyl

Tchernobyl n’est plus aujourd’hui qu’un simple nom de village, c’est un devenu mot résonnant dans nos cerveaux d’occidentaux.
Il évoque la peur, un espace post apocalyptique et sans vie suite à un ravage nucléaire, images largement véhiculée par nos médias aux tendances simplistes et catastrophiques.
On a donc plusieurs façons d’appréhender un voyage à Tchernobyl, certains y viendront dans un cadre touristique appelé « dark tourism » à la recherche de sensations et d’images, ou d’autres, se prendront pour des joueurs de Stalker à courir les rues de Pripiat fagotés de tenues paramilitaires.
Les guides et « agence de voyages » jouant clairement le jeu de la peur et de la « course aux zombies ».
Business is business, et surtout ne pas réfléchir!

Vestiges de vies.

Après la fuite, les destructions et le nettoyage, les éléments sont restés pour que 30 ans plus tard quelques visiteurs fassent leur plongée au sein de la vie communiste.
Moments d’oublis pour un endroit pas si oublié, regarder au plus prêt pour découvrir et s’interroger.

 Dans les rues de Pripiat (Faire défiler dans le diaporama ou cliquer ici pour la page image)

Pripiat / Les Loisirs (Faire défiler dans le diaporama ou cliquer ici pour la page image)

 Pripiat / Les équipements (Faire défiler dans le diaporama ou cliquer ici pour la page image)

 Pripiat / Les écoles (Faire défiler dans le diaporama ou cliquer ici pour la page image)

 Dans la zone (Faire défiler dans le diaporama ou cliquer ici pour la page image)

Mais la zone est vivante …

Au milieu des vestiges des hommes, les oiseaux chantent, la flore s’accroit et les aigles volent. Ils jouissent de l’absence de l’homme et de la quiétude de son départ.
La nature qui reprend ses droits, la zone de Tchernobyl, porte cet adage comme nul autre endroit dans le monde. Pour le moment.
Mais à côté de la faune ou de la flore, on croise les travailleurs locaux ou étrangers de la centrale (qui a été mise à l’arrêt fin 2000) et du chantier sur le nouveau confinement.
On croise aussi les habitants du village de Tchernobyl, ceux qui travaillent aux espaces verts, à l’épicerie, à l’hôtel …
Et dans quelques villages épars, les gens sont revenus.
Mal logés lors de leur fuite, ils ont préférés rentrer chez eux. Ce sera une des nombreuses histoires qu’il me sera donné d’écouter autour d’un verre de vodka fait maison.

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… CS-137 est « vivant » aussi !

CS137 n’a que faire des barrières, des zones d’exclusion ou des frontières, ce soir d’avril 1986, il s’est associé à ce nuage poussé vers la Biélorussie et la Russie.
Il s’est déposé sur le chemin du nuage, aujourd’hui, les habitants de ces zones s’alimentent des fruits de la terre infectée, n’ayant pas le temps d’éliminer le radionucléide entre deux prises, ils grandissent les rangs des victimes de la catastrophe.

La zone d’exclusion aurait dû être bien plus grande, l’URSS n’existe plus mais les mensonges perdurent par le biais d’entités bien occidentales.Trafics des chiffres et « muselages » musclés de scientifiques, voici à quoi on assiste quand on creuse le sujet. Finalement, à la vue de « nos » minis scandales du nucléaires sur « nos » territoires, est ce que « nous » aurions mieux géré la situation que les Russes, ces coupables parfait ne « savant pas gérer la technologie nucléaire » ?

Tchernobyl n’est pas qu’un simple épisode historique ou l’objet d’une ballade frissonnante dans le communisme, c’est aussi une actualité persistante pour les populations.
Ancré dans notre inconscient collectif et au delà de la peur, le nom de ce village de pécheur résonnera toujours : l’événement qu’il représente a brisé quelques idéaux et rêves d’Homme, objet d’un prochain article.

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Alexis

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